Amour de son prochain

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Amour de son prochain

Message  Paul le Mer 24 Nov - 14:57

« Amis pédophiles, à demain ! »
Le poète président fait dans l’octosyllabe. A chacun son rythme.
A l’ampleur de l’alexandrin qu’affectionnent certains, il préfère la nervosité de l’octosyllabe. « Casse-toi, alors, pauvre con ! » constituait une première démonstration éblouissante. Avec « Amis pédophiles, à demain ! » la confirmation de ce talent poétique éclate.
L’avantage indiscutable de l’octosyllabe est sa nervosité, si utile pour une reprise en main de l’opinion publique. Changement de rythme, déviation de trajectoire de l’opinion avec dérapage contrôlé. Ajoutez une tenue de route tout terrain qui s’affiche aussi bien face à des professionnels des médias qu’au salon de l’agriculture.
Mais revenons à cette déclaration humaniste, à ce 2° vers promesse d’un compost présidentiel d’une richesse inégalée, d’un humus politique fertile en idées et en réformes.
Les cinq premiers pieds sont une apostrophe, une interpellation, une invitation amicale et redondante associant amitié et amour, ce dernier traduit par le merveilleux suffixe –phile.
Le discours politique se doit, en effet, d’être redondant, à la manière du rasoir Bic à deux lames, à la différence cependant que les politiques tentent de ne pas raser le bon peuple dans la mesure où ils souhaitent le tondre en douceur.
A cette amicale invitation à aimer son prochain en bas âge s’ajoute en filigrane, en surimpression subliminale, une touche d’amicale zoophilie, « Amis pédophiles » renvoyant vraisemblablement à l’émission « Trente millions d’amis ».
La subtilité de la césure placée après le groupe nominal « Amis pédophiles », dont on se demande s’il constitue finalement une redondance, un oxymore, un oxymore redondant – ce qui est une contradiction dans les termes- la subtilité de cette césure si habilement placée après une expression surprenante, déstabilisante, souligne une forme de suspense et de suspens suivie d’un rassurant « à demain ! »
Ouf ! Nous l’avons échappée belle ! Le cours de l’histoire et du temps s’enracinent de nouveau dans cette belle promesse d’avenir commun « à demain », après l’incertitude d’une double suspension.
Ce qui aurait pu passer pour une provocation pédophile s’inscrit en réalité dans la continuité culturelle française du service public et de la fameuse formule de Lucien Jeunesse concluant l’épisode quotidien du jeu des mille francs « A demain, si vous le voulez bien ! »
Déstabiliser pour mieux récupérer l’opinion. Ainsi s’affirme la pensée poétique du président grâce à la nervosité de l’octosyllabe.
Nous voici déjà en possession d’un kit de pensée présidentielle constitué d’un diptyque :
« Casse-toi, alors, pauvre con ! »
« Amis pédophiles, à demain ! »
aux termes interchangeables. Ce qui peut donner :
Casse-toi, alors à demain !
Alors à demain, pauvre con !
Etc.
Ce corpus étant vraisemblablement destiné à s’étoffer d’ici 2012, nous serons alors en possession d’un système de pensée politico-poétique d’une richesse et d’une complexité inégalées.
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Paul
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Message  Evelyne le Mer 24 Nov - 15:40

vive les prochaines petites phrases (dérapages) de notre bien-aimé Président !
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Evelyne
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