Anthologie: Nos poèmes préférés.

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Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Admin le Mar 8 Avr - 18:40

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Fleurs du mal (1857)
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A l'aube dans la montagne

Message  Xavier le Mar 8 Avr - 20:23

Déodat de Séverac (1872-1927)

Le long du ciel grenat, d'un grenat d'iris, et roux,
d'un roux à peine émeraudé,
les cimes s'éveillent une à une,
nimbées de gaze brodée d'opales et de poussières d'or.

Quelques nuages ténus oubliés
par la brise se sont attardés aux caresses grisantes des bruyères;
Les vallées dans des voiles de lys poudrés de lilas,
semblent errer autour des peupliers qui fusent à l'infini
vers le regard narquois de la lune.

Peu à peu, l'horizon s'affirme en des gestes de flamme
qui planent un instant et s'essorent
vers les plaines baignées de sommeil;
et des sommets ensanglantés,
un ruissellement de rubis se précipite le long des roches

Les grives stridulent dans les taillis
vers les échos rieurs.
Et les voiles errants se déchirent et se fondent,
poussières d'iris, dans l'orfèvrerie des haies.

Lors, une rumeur de joie s'élève des hameaux
et des villes et soudain triomphant, l'astre Dieu paraît!
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La blanche neige

Message  jb le Mer 9 Avr - 10:01

Les anges les anges dans le ciel
L'un est vêtu en officier
L'un est vêtu en cuisinier.
Et les autres chantent.

Bel officier couleur du ciel
Le doux printemps longtemps après Noël
Te médaillera d'un beau soleil
D'un beau soleil.

Le cuisinier plume les oies
Ah tombe neige
Tombe et que n'ai-je
Ma bien aimée entre mes bras.

Guillaume Apollinaire
mis en musique par Francis Poulenc (Sept chansons)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Mer 9 Avr - 18:59

Vénus Anadyomène

Comme d'un cercueil vert en ferblanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe...

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
– Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.


Arthur Rimbaud (1854-1891)
Poésies (1870)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Mer 9 Avr - 19:06

Nuit Rhénane

Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire

Guillaume Apollinaire (1880-1918)
Alcools (Publié en 1913)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Jean-Paul le Mer 9 Avr - 21:20

Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.


Paul Verlaine (1844-1896)
Romances sans paroles (1874)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Jeu 10 Avr - 12:27

Les Montreurs

Tel qu'un morne animal, meurtri, plein de poussière,
La chaîne au cou, hurlant au chaud soleil d'été,
Promène qui voudra son cœur ensanglanté
Sur ton pavé cynique, ô plèbe carnassière !

Pour mettre un feu stérile en ton œil hébété,
Pour mendier ton rire ou ta pitié grossière,
Déchire qui voudra la robe de lumière
De la pudeur divine et de la volupté.

Dans mon orgueil muet, dans ma tombe sans gloire,
Dussé-je m'engloutir pour l'éternité noire,
Je ne te vendrai pas mon ivresse et mon mal,

Je ne livrerai pas ma vie à tes huées,
Je ne danserai pas sur ton tréteau banal
Avec tes histrions et tes prostituées

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894)
Poèmes barbares (1862)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Jean-Paul le Ven 11 Avr - 13:07

Une allée du Luxembourg

Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.

C'est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !

Mais non, - ma jeunesse est finie ...
Adieu, doux rayon qui m'as lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !

Gérard de Nerval (1808-1855)
Recueil : Odelettes (1832)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Ven 11 Avr - 13:10

Le roi de Thulé

Il était un roi de Thulé
A qui son amante fidèle
Légua, comme souvenir d'elle,
Une coupe d'or ciselé.

C'était un trésor plein de charmes
Où son amour se conservait :
A chaque fois qu'il y buvait
Ses yeux se remplissaient de larmes.

Voyant ses derniers jours venir,
Il divisa son héritage,
Mais il excepta du partage
La coupe, son cher souvenir.

Il fit à la table royale
Asseoir les barons dans sa tour ;
Debout et rangée alentour,
Brillait sa noblesse loyale.

Sous le balcon grondait la mer.
Le vieux roi se lève en silence,
Il boit, - frissonne, et sa main lance
La coupe d'or au flot amer !

Il la vit tourner dans l'eau noire,
La vague en s'ouvrant fit un pli,
Le roi pencha son front pâli...
Jamais on ne le vit plus boire.

Gérard de Nerval (1808-1855)
Recueil : Lyrisme et vers d' opéra (1846)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Jean-Paul le Ven 11 Avr - 13:43

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire (1821-1867)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Jeu 17 Avr - 9:21

Art poétique

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

Paul VERLAINE (1844-1896)
Recueil : Jadis et naguère (1884)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Jean-Paul le Jeu 17 Avr - 13:20

Ballade des Dames du temps jadis

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

François VILLON (1431 ou 1432 à Paris, disparu en 1463)
Recueil : Le testament (1461)
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Jean-Paul le Lun 21 Avr - 12:01

Apparition

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
— C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Stéphane Mallarmé (1842-1898)
Ecrit en 1862 ou 1863
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Jean-Paul le Ven 25 Avr - 19:52

Le rêve en action

la beauté de ton sourire ton sourire
en cristaux les cristaux de velours
le velours de ta voix ta voix et
ton silence ton silence absorbant
absorbant comme la neige la neige
chaude et lente lente est
ta démarche ta démarche diagonale
diagonale soif soir soie et flottante
flottante comme les plaintes les plantes
sont dans ta peau ta peau les
décoiffe elle décoiffe ton parfum
ton parfum est dans ma bouche ta bouche
est une cuisse une cuisse qui síenvole
elle sëenvole vers mes dents mes dents
te dévorent je dévore ton absence
ton absence est une cuisse cuisse ou
soulier soulier que j'embrasse
j'embrasse ce soulier je l'embrasse sur
ta bouche car ta bouche est une bouche
elle n'est pas un soulier miroir que jíembrasse
de même que tes jambes de même que
tes jambes de même que tes jambes de
même que tes jambes tes jambes
jambes du soupir soupir
du vertige vertige de ton visage
j'enjambe ton image comme on enjambe
une fenêtre fenetre de ton être et de
tes mirages ton image son corps et
son âme ton âme ton âme et ton nez
étonné je suis étonné nez de tes
cheveux ta chevelure en flammes ton âme
en flammes et en larmes comme les doigts de
tes pieds tes pieds sur ma poitrine
ma poitrine dans tes yeux tes yeux
dans la forêt la forêt liquide
liquide et en os les os de mes cris
j'écris et je crie de ma langue déchirante
je déchire tes bras tes bas
délirant je désire et déchire tes bras et tes bas
le bas et le haut de ton corps frissonnant
frissonnant et pur pur comme
l'orage comme l'orage de ton cou cou de
tes paupières les paupières de ton sang
ton sang caressant palpitant frissonnant
frissonnant et pur pur comme líorange
orange de tes genoux de tes narines de
ton haleine de ton ventre je dis
ventre mais je pense à la nage
à la nage du nuage nuage du
secret le secret merveilleux merveilleux
comme toi-même
toi sur le toit somnambulique et nuage
nuage et diamant c'est un
diamant qui nage qui nage avec souplesse
tu nages souplement dans l'eau de la
matière de la matière de mon esprit
dans l'esprit de mon corps dans le corps
de mes rêves de mes rêves en action

Gherasim Luca (1913-1994)

Poème découvert lors de l'émission "Les vivants et les dieux" sur FC.
Poèmes mis mis en voix lors du festival "jeune création" à la maison de la poésie à Paris.
Pour en savoir plus, cliquer ce lien: Héros-limite
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Sam 26 Avr - 17:52

Rhénane d'automne

À Toussaint-Luca.

Les enfants des morts vont jouer
Dans le cimetière
Martin Gertrude Hans et Henri
Nul coq n'a chanté aujourd'hui
Kikiriki

Les vieilles femmes
Tout en pleurant cheminent
Et les bons ânes
Braillent hi han et se mettent à brouter les fleurs
Des couronnes mortuaires

C'est le jour des morts et de toutes leurs âmes
Les enfants et les vieilles femmes
Allument des bougies et des cierges
Sur chaque tombe catholique
Les voiles des vieilles
Les nuages du ciel
Sont comme des barbes de biques

L'air tremble de flammes et de prières

Le cimetière est un beau jardin
Plein de saules gris et de romarins
Il vous vient souvent des amis qu'on enterre
Ah ! que vous êtes bien dans le beau cimetière
Vous mendiants morts saouls de bière
Vous les aveugles comme le destin
Et vous petits enfants morts en prière

Ah ! que vous êtes bien dans le beau cimetière
Vous bourgmestres vous bateliers
Et vous conseillers de régence
Vous aussi tziganes sans papiers
La vie vous pourrit dans la panse
La croix vous pousse entre les pieds
Le vent du Rhin ulule avec tous les hiboux
Il éteint les cierges que toujours les enfants rallument
Et les feuilles mortes
Viennent couvrir les morts

Des enfants morts parlent parfois avec leur mère
Et des mortes parfois voudraient bien revenir

Oh ! je ne veux pas que tu sortes
L'automne est plein de mains coupées
Non non ce sont des feuilles mortes
Ce sont les mains des chères mortes
Ce sont tes mains coupées

Nous avons tant pleuré aujourd'hui
Avec ces morts leurs enfants et les vieilles femmes
Sous le ciel sans soleil
Au cimetière plein de flammes

Puis dans le vent nous nous en retournâmes

À nos pieds roulaient des châtaignes
Dont les bogues étaient
Comme le cœur blessé de la madone
Dont on doute si elle eut la peau
Couleur des châtaignes d'automne

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
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Poème de Grillpazer

Message  Beethoven le Dim 27 Avr - 12:04

Poéme de Grillpazer

Un homme s'avance d'un pas ferme
(il est vrai que son ombre chemine avec lui)
Il traverse fourrés, champs, moissons,
Il va droit devant lui.
Un torrent veut arrêter son ardeur,
Il s'y jette et fend les flots;
Il sort sur l'autre rive
Pour continuer sa course indomptée.
Arrivé au bord du rocher,
Il prend son élan : chacun tremble.
Un bond,et, voyez.
Il a sauté au dessus de l'abîme sain et sauf.
Ce qui est difficile aux autres est un jeu pour
lui.
Le voilà déjà victorieux au but.
Seulement il n'a point frayé de voie.
Cet homme me fait songer à Beethoven .

Cette image n'est pas celle d'un héros mais celle de l'homme que fut Beethoven.

Frantz GRILLPAZER poéte dramatique autrichien (1792-1872) auteur du poème sur Beethoven, je n'ai pas grand chose de plus.
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Demain dès l'aube de Victor Hugo

Message  Beethoven le Dim 27 Avr - 12:08

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Victor Hugo (1802-1885)
(Recueil : Les contemplations)

Hélas ce n'est pas de moi, mais je la trouve merveilleuse d'amour
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L'ALBATROS de Charles Baudelaire

Message  Beethoven le Dim 4 Mai - 11:55

L'ALBATROS

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marche

Charles BAUDELAIRE
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Lun 26 Mai - 8:33

Mes petites amoureuses (1871)

Un hydrolat lacrymal lave
Les cieux vert-chou :
Sous l'arbre tendronnier qui bave,
Vos caoutchoucs

Blancs de lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères
Mes laiderons !

Nous nous aimions à cette époque,
Bleu laideron !
On mangeait des oeufs à la coque
Et du mouron !

Un soir, tu me sacras poète
Blond laideron :
Descends ici, que je te fouette
En mon giron;

J'ai dégueulé ta bandoline,
Noir laideron ;
Tu couperais ma mandoline
Au fil du front.

Pouah ! mes salives desséchées,
Roux laideron
Infectent encor les tranchées
De ton sein rond !

Ô mes petites amoureuses,
Que je vous hais !
Plaquez de fouffes douloureuses
Vos tétons laids !

Piétinez mes vieilles terrines
De sentiments;
Hop donc ! Soyez-moi ballerines
Pour un moment !

Vos omoplates se déboîtent,
Ô mes amours !
Une étoile à vos reins qui boitent,
Tournez vos tours !

Et c'est pourtant pour ces éclanches
Que j'ai rimé !
Je voudrais vous casser les hanches
D'avoir aimé !

Fade amas d'étoiles ratées,
Comblez les coins !
− Vous crèverez en Dieu, bâtées
D'ignobles soins !

Sous les lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons.
Arthur RIMBAUD
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Manon le Mer 11 Juin - 19:20

Le bateau ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur RIMBAUD
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  coreven le Jeu 12 Juin - 18:42

voici donc refleurir,au détour du chemin, nos jeunes années entre les pages immémorables du Lagarde et Michard....
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Ven 13 Juin - 10:04

Vous serez mort depuis longtemps, moi aussi, et nos petits enfants ( supposition ), ou ceux des autres, éprouveront la même émotion que celle que nous avons sentie passer et sentons encore en lisant ces vers d'un adolescent :

"Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue;
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds,
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien;
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature,- heureux comme avec une femme." Mars 1870. AR SENSATION

L' art affiche sa victoire sur les modes, l'histoire, le temps qui passe.

J'ai cru comprendre que de très jeunes esprits passaient sur le site. C' est rafraîchissant , ne trouvez-vous pas ?
Quant au Lagarde et Michard, je crois savoir qu'il n'est plus en usage depuis longtemps déjà dans les lycée ...



Dernière édition par Nicole le Jeu 10 Juil - 9:34, édité 1 fois
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  coreven le Ven 13 Juin - 16:54

voici donc refleurir,au détour du chemin, nos jeunes années entre les pages immémorables du Lagarde et Michard....
Nicole "J'ai cru comprendre que de très jeunes esprits passaient sur le site. C' est rafraîchissant , ne trouvez-vous pas ?
Quant au Lagarde et Michard, je crois savoir qu'il n'est plus en usage depuis longtemps déjà dans les lycée ..."

les "très jeunes" semblent étre les charmantes élèves d'un lycée à Annecy dont les images viennent d'ètre mystérieusement retirées pour une raison que je devine mauvaise.
La collection scolaire des poèmes allignés ici, avec un naif enthousiasme, m'a rappelé l'ennui ressenti au lycée à la vue de ce manuel du saucisson : la poésie agonisante débitée en ultimes tranches desséchées ...
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Nicole le Ven 13 Juin - 19:01

Une fois de plus, vous fuyez la question et lancez vos anathèmes. ( L'autre fois au fragment de texte qui n'a rien de scolaire et que vous supposiez du Sartre). Vous étudiiez Rimbaud au lycée? C'était une chance alors , car d'autres moins heureux, passaient des heures sur "Les Châtiments" de Hugo.
Et vous parlez de Rimbaud comme d'une poésie agonisante? Montrez-nous donc ce qui vous touche depuis que vous avez quitté l'école ... : afro
Rimbaud restera Vivant des siècles après votre mort, c'est sûr. Votre satyre aussi, peut-être...
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Re: Anthologie: Nos poèmes préférés.

Message  Manon le Sam 14 Juin - 14:37

Arthur Rimbaud, une poésie agonisante? Permettez moi de vous contredire. Pour moi Rimbaud transcende la langue française par ses poèmes, sans lui, la littérature française n'aurait jamais connu ce "rebond"! Sa poésie nous emporte dans les voyages qu'il a lui-même fait, nous fait rêver... Je n'ai pas beaucoup d'expérience en poésie mais Arthur Rimbaud étant le poète que j'ai le plus étudié, et que j'apprécie le plus, je ne peux que vous retransmettre ce que j'en ai retenu: "Selon Rimbaud, écrire implique tout d'abord de se rendre attentif et présent à tout ce qui existe", s'imprégner de tout, observer et retenir les choses vécues. L'énigme d'Arthur Rimbaud nous renvoie à la nôtre. Qui fut Arthur Rimbaud? Nous ne le saurons jamais vraiment. Aussi, son image et sa personnalité nous sont incertaines. Ce qui nous met alors dans le doute, dans l'incertitude de nos propres traits. Sa partance nous convie à nous établir dans notre propre transitivité.

Gérard Macé écrit à ce propos dans Ex-Libris :

"Quel lecteur passionné de Rimbaud, devant les quelques photographies et portraits que nous avons de lui, n'a interrogé longuement ce regard qui n'est pas tourné vers nous, pour lui dérober, à défaut d'un secret, au moins une présence; et n'a senti à la fin (aussi douloureusement que si sa propre image s'évanouissait au miroir) que nous ne saurons jamais qui fut Rimbaud? Nous sommes devant lui comme devant le criminel ou l'être aimé; il ne nous reste plus qu'à vouloir dormir dans son sommeil, rêver dans ses rêves pour comprendre davantage."

Arthur Rimbaud a commencé à écrire des poèmes à l'âge de quatorze ans ce qui est tout de même remarquable. Moi-même j'écris des poèmes et ils ne sont en rien comparables avec "Les Etrennes des orphelins", poème qu'il a écrit dans l'année de ses quatorze ans. Il est aussi vrai qu'étudiant encore le français, je préfère les poèmes de Rimbaud à l'oeuvre satirique de Victor Hugo.
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